Les législatives et les sénatoriales dans les ALPES-DE-HAUTE-PROVENCE

Posté par atlaspol le 9 février 2014

Le petit département des Alpes-de-Haute-Provence est encore typique de l’attachement à la gauche cultivé par l’électorat provençal. Un phénomène atténué par une périurbanisation favorisant la droite et l’extrême-droite.

En 1988, les deux circonscriptions revenaient à un PS favorisé par de bons reports de voix d’un PCF encore puissant. Cinq ans plus tard, l’érosion et la division de la gauche mettaient un terme à cette domination. Dans la 1ere circonscription, François Massot ne put résister à l’assaut en règle du maire RPR de Digne Pierre Rinaldi, qui venait juste d’accéder à la présidence du conseil général. Dans la 2e, André Bellon, entré en dissidence et gêné par la candidature de José Escanez, soutenu officiellement par le PS, se retrouva en quatrième position au premier tour, laissant la voie libre au RPR Pierre Delmar, qui eut facilement raison de la candidate FN.

Bien que majoritaire depuis 1988 au conseil général, la droite manqua, durant cette législature, de nombreuses occasions de s’enraciner davantage. Démissionné par le conseil constitutionnel, suite à ses déboires judiciaires, Pierre Rinaldi dut céder en 1994 son siège à son suppléant Francis Galizi, peu menacé il est vrai par un François Massot en perte de vitesse. Les pertes en 1995 de Manosque, et surtout de Digne, n’arrangèrent rien.

Devenu maire de la préfecture en séduisant l’électorat centriste, l’ancien ministre de l’Aménagement du territoire Jean-Louis Bianco mena la gauche à la reconquête du département. En 1997, malgré un premier tour très serré, il emporta la 1ere circonscription. La victoire du maire radical de Manosque Robert Honde était en revanche moins attendue dans la 2e. Battu de moins de 300 voix, Pierre Delmar n’a semble-t-il pas convaincu les abstentionnistes du premier tour.

Véritable homme fort du département depuis son élection à la tête du conseil général, en 1998, M. Bianco fut à même de résister à la vague bleue de 2002. Mais, avec seulement 428 voix d’avance sur Francis Galizi, sa victoire est étriquée. En revanche, le triomphe du maire RPR de Sisteron Daniel Spagnou, dans la 2e, est net (près de 20 points), face à un Robert Honde affaibli par sa défaite aux municipales de 2001.

Les législatives de 2007 n’apportent aucun changement. Une stabilité qui cache en fait un véritable retournement de tendance entre les deux tours, à l’image du phénomène observé nationalement. Après les bons scores réalisés par Nicolas Sarkozy à la présidentielle, Jean-Louis Bianco pouvait se faire des soucis. Distancé de plus de 800 voix au premier tour par la maire UMP de Malijai Eliane Barreille, il aborde le second tour en position très délicate. Son équipe a du chercher les suffrages un à un pour lui assurer une réélection plus confortable qu’en 2002. A contrario, Daniel Spagnou, en avance au premier tour de près de 18 points sur le maire PS de Forcalquier Christophe Castaner, obtient au second une réélection moins large qu’en 2002.

Si la gauche obtient des résultats honorables en 2007, elle fait un véritable malheur en 2012. Dans le 1ere circonscription, le maire PS de Castellane Gilbert Sauvan, ancien suppléant et dauphin désigné de Jean-Louis Bianco, domine cette fois largement Eliane Barreille. Même s’il n’obtient qu’un tiers des exprimés, la candidate UMP plafonne à 23,68 %, avec un FN à 16,57 %, les écologistes et le Front de gauche dépassant les 5 %. Une dispersion dont ne pâtit pas Gilbert Sauvan, qui rassemble bien au delà de son camp au second tour. Eliane Barreille, vers laquelle les reports du FN se sont avérés médiocre, est même distancée dans sa propre commune de Malijai. Dans la 2e, le retrait de Daniel Spagnou a mis en avant le très contesté maire UMP de Corbières, Jean-Claude Castel, qui  n’a pas caché avoir donné sa signature à Marine Le Pen lors de la présidentielle. Un geste qui resta lettre morte. Devancé au premier tour de plus de 2300 voix par Christophe Castaner, il n’a même pas la satisfaction, au second, de bénéficier de bons reports du FN, malgré l’appel du candidat frontiste Jean-Claude Diedrich à voter pour lui. Il semble que les électeurs lepénistes aient préféré, comme souvent, sanctionner le pouvoir sortant. Pas une voix centriste ne semble, en revanche, manquer à Christophe Castaner pour son élection au second tour.

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Fond de carte Géoatlas, reproduction interdite

Chronologie des députés

1 DIGNE

1988 François MASSOT (soc.)

1993 Pierre RINALDI (RPR)

1994 Francis GALIZI (UDF)

1997 Jean-Louis BIANCO (soc.)

2012 Gilbert SAUVAN (soc., rép. et cit.)

2 MANOSQUE

1988 André BELLON (soc.)

1993 Pierre DELMAR (RPR)

1997 Robert HONDE (rad., cit. et V.)

2002 Daniel SPAGNOU (UMP)

2012 Christophe CASTANER (soc., rép. et cit.)

 

Elu de très peu en 1998, l’unique sénateur du département, le socialiste Claude Domeizel, affirme en 2008 sa suprématie, en obtenant plus de 54 % au premier tour, presque le double du score du candidat UMP Michel Lanfranchi, et ce malgré la présence des communistes et des Verts. Un résultat historique dans ce département où les grands électeurs se partagent traditionnellement entre gauche et droite.

La succession de Claude Domeizel s’annonce cependant délicate en 2014. Face au candidat officiel du PS Jean-Yves Roux se dresse le maire UMP de Manosque Bernard Jeanmet, qui le distance de dix voix au premier tour. Le désistement de la socialiste dissidente Brigitte Bonnet et le maintien du maire de droite de Mane, Jacques Depieds, permettent à Jean-Yves Roux de l’emporter au second tour, avec 41,2 % des exprimés, preuve de la progression de la droite chez les grands électeurs.

 

Chronologie des sénateurs

1959 Emile AUBERT (soc.)

1962 Emile AUBERT (soc.), 1962-1969; Maxime JAVELLY (soc.), 1969-1971

1971 Maxime JAVELLY (soc.)

1980 Fernand TARDY (soc.)

1989 Fernand TARDY (soc.)

1998 Claude DOMEIZEL (soc.)

2008 Claude DOMEIZEL (soc.)

2014 Jean-Yves ROUX (soc.)

 

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